Motocultor, à chaud [UEE#4]

Cette série d’articles « À CHAUD » est écrite directement à la sortie des festivals. On va surtout causer des prestations des groupes et les articles de fond arriveront pour l’hiver 2017. Malheur ! Cette fois-ci Rozenn Bothuon n’était pas présente au festival ! Mais ça ne l’a pas empêché d’illustrer cet article, en parallèle du festival, de son point de vue.


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Le Motocultor avait l’une des meilleures affiches de l’été, pas de débats là-dessus. J’ai vu beaucoup, beaucoup de groupes mais je ne suis pas payé assez cher pour tous les détailler. On va donc, comme d’hab, se concentrer sur les plus marquants. Mais comme ça me gonflerait de ne pas en parler du tout, voici la liste des groupes qui ont fait un très bon concert mais que je ne vais pas détailler plus que ça parce qu’à part dire que « ça déchire », je n’ai pas d’autres avis : The Mignight Ghost Train, Shining, Giuda, Valient Thorr, Mayhem, Jello Biafra, Neurosis, Carpenter Brut, Lost Society, Conan, Batushka.

Premier concert du fest avec Onslaught. J’avais entendu dire que c’était une des bonnes claques du Hellfest 2015 et en effet, c’est excellent, parfait pour démarrer sans douceur le Motoc’. Ça joue nickel, tu sens que le groupe a de la bouteille – le groupe existe depuis 83 – et surtout, surtout, le chanteur, dont la capacité vocale à mis toute l’assistance sur le cul, c’était très fort.

Putain mais Mattrach ! J’avais complètement oublié ce type ! Il a eu son heure de gloire sur le web il y a quelques années en surfant sur la vague des guitaristes virtuoses, avant qu’Internet ne soit gavé de cette mode et passe à autre chose. Je crois qu’il était déjà plus ou moins ringard dès cette époque, mais découvrir qu’il existe toujours et qu’il a un groupe dans lequel il est bassiste, quelle surprise. Donc bon, même si je n’étais que très peu certain d’aimer, curieux que je suis j’ai écouté un peu Atmospheres. Pas beaucoup, trois chansons, le temps de bien m’assurer qu’en effet c’est fade et déjà entendu. Je suis plutôt aller voir le thrash/death de Holy moses, et là, oui, là on cause. Ça tabasse et la chanteuse à une présence super forte, donc oui, juste oui.

Avant le festival, j’ai écouté la programmation, normal. J’ai mis une playlist préparée par un mec sur Youtube et les morceaux des groupes passaient les uns après les autres, des bons, des moins bons, quand soudain je me suis arrêté dans ce que je faisais en entendant un groupe différent. Des cris, des breaks, tout ça dans une mélasse peu inspirée et peu qualitative : Gaidjinn. Intéressé par ce groupe sortant du lot par sa médiocrité, je découvre que c’est du visual key parisien et que le groupe est aussi cramé que tous ses congénères. Revenons au Motocultor. Il n’y avait pas d’alternative, je ne pouvais que voir Gaidjinn, et j’ai été très déçu. Je voulais voir des mecs ultra looké avec des coiffures impossibles, mais c’était beaucoup plus timoré que ce que j’aurais aimé : peinture faciale noire pour les musiciens, blanche pour le chanteur, lentilles de couleur et basta. Décevant. Et musicalement, c’était fade et insipide, mais pas désagréable. Je n’en ai aucun souvenir, mais je sais que je n’ai pas passé un moment horrible, c’est déjà ça.

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Moi, avant de partir au Motocultor.

Y’a eu un moment dans journée où je me suis dit « Je crois que je préfère le black au death ». Alors bien sûr c’est ni blanc ni noir, j’aime bien certains groupes death et je n’aime pas d’autres black, mais Rotting Christ a enfoncé le clou. J’ai particulièrement aimé le fait que le groupe n’est pas à flux tendu tout du long du concert, on n’est pas sur du blast beat sans fin. Il y a des longues plages sonores lentes, prenantes et tendues qui marchent super bien et qui créent une atmosphère intéressante et réelle.

Je n’attendais pas grand chose du Naheulband, en tout cas pas autre chose que la réminiscence de mes années collège passées à écouter le donjon de Naheulbeuk et à me marrer comme un crétin. Malgré ça, j’ai été un poil déçu. Aucun doute, ça fait plaisir d’entendre « A l’aventure compagnon » ou « Mon ancêtre Gurdil », pour un set ponctué de private joke absurdes et de références à l’univers de Naheulbeuk. Mais à cause d’un rythme mal fichu et d’une impression de foutoir sur scène, certes assumé mais quand même, la sauce a eu du mal à prendre. Ça faisait vachement amateur, et au vu du temps que ça existe, c’est un peu gonflé. Ça a eu l’air de plaire beaucoup à l’assistance, cela dit, ce qui ne m’étonne pas.

En plein milieu de journée, il y avait ce groupe, Sordid Ship. Ça ne me disait rien, donc je suis allé voir, et c’était en fait les gagnants du tremplin du Motocultor. C’est la seule Stratocaster que j’ai vu du week-end, et le groupe est géant. On nage dans du surf-punk, les chansons sont courtes, rapides, énervées mais surtout groovy et fun. Les gars ont l’air vraiment cool, transmettent une bonne énergie. On est pas dans la vanne golri à la Toy Dolls, c’est plutôt juste une bonne ambiance relâchée et des morceaux nickel. On saupoudre avec des lâchers de bouées en forme de requin et des courses en slam à bord de matelas pneumatiques et il n’en fallait pas plus pour me convaincre.

Putain mais Leng Tch’e putain. Pour les avoir déjà vu au Hellfest je savais à quoi m’attendre, (l’une des meilleures prestations du week-end), mais là c’était clairement LE meilleur des concerts. C’est brutal à la perfection sans aucune agressivité, un réel défouloir cathartique et jouissif, ça tabasse ça tabasse ça tabasse et les gars sont généreux. Déjà, ça joue bien, mais ajouté à cette base musicale il y a le chanteur, front-man à fond dans un rapport humain avec le public. Ce genre de personne qui parle devant des centaines de personnes dans un micro et qui arrive quand même à donner l’impression qu’il s’adresse personnellement à chacun. Ça booste carrément et le concert prend d’autant de l’ampleur. Par contre, y’a un truc que je n’ai pas compris : à deux reprises le groupe a proposé à des gars dans le public de monter sur scène pour prendre un micro et faire un duo avec le chanteur. Le premier était pas mal et le deuxième plus que parfait, et donc je me demande à quel moment je me suis fait arnaquer : c’était vraiment des gars du public ou des complices prêt à monter sur scène le moment venu pour interpréter des morceaux travaillés ? Parce-que, une telle perfection, c’est bluffant, impressionnant. Leng Tch’e, valeur sure.

Graveyard, quelle déception. Le problème n’est pas que la moitié du show soit composée de slow, c’est pas grave ça. Il y a aussi des morceaux plus enlevés, mais on s’en fout. Le problème c’est que rien ne transpire du groupe. Les membres ne transmettent rien, c’est terrible, on a l’impression qu’un voile a été posé entre eux et le public pour capter toutes les vibrations et les émotions. Quelle déception.

Dans la grande famille des Bong, je demande Bongzilla. Pas de fioriture dans le groupe, donc pas de fioriture dans cet avis : c’est lourd, c’est prenant, c’est du tout bon.

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Le rock sudiste, quelle merde. Tout semble corrompu dans une gangue raciste et beauf dès que je vois un drapeau confédéré, je ne supporte pas ça. Et pourtant, qu’est-ce que c’est bien Nashville Pussy. Qu’est-ce que c’est bien. Je n’ai presque rien à en dire, le groupe joue merveilleusement bien, les solos sont supers, les riffs au poil, l’énergie déployée excellente, même les ersatz de mise en scène réussissent l’exploit de ne pas tomber à plat. La setlist était cool, le public était chouette, je dis oui à Nashville Pussy.

Je ne connaissais pas Ministry, à part de nom. Je les ai vu en concert en clôture du Motocultor. Je ne pense pas pouvoir dire que je connais beaucoup mieux Ministry à présent, par contre j’ai passé un excellent moment dans le pogo, jusqu’à ce que ça me lasse et que je m’en aille. C’était très bien le temps que ça a duré.


Sur ce, rendez-vous l’hiver prochain pour l’article de Une épopée estivale#4.

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Bisous les lecteurs.