L’Interceltique, à chaud [UEE#4]

Cette série d’articles « À CHAUD » est écrite directement à la sortie des festivals. On va surtout causer des prestations des groupes et les articles de fond arriveront pour l’hiver 2017. Pour cette édition, je suis accompagné de ma dessinatrice, Rozenn Bothuon, qui croque les festivals sur place. Ni la pluie, ni le vent, ni les pogos ne l’arrêtent.


Or donc, nous fûmes présents au Festival Interceltique de Lorient. Quoi de beau à y voir ? Je vous le demande mais vous n’en savez sans doute pas grand chose, sauf si vous y étiez présent, mais dans tous les cas j’avance moi-même une réponse à cette question. Oui oui oui.

J’entame cet article par une remarque importante : nous ne nous sommes pas rendus aux « gros » concerts du fest. Nous nous sommes contentés de prendre le pass à 5€ qui ouvre l’accès aux différents pavillons celtiques (Bretagne, Australie, Galice, Pays de Galles, etc.) pour profiter de ces concerts-ci en particulier. MAIS, et c’est la que la remarque devient importante, il est très difficile de trouver des infos sur la prog des pavillons. Clairement, l’accent n’est pas mis là-dessus par le festival, préférant donner la programmation des concerts qui coûtent plein de sous plutôt que d’informer efficacement sur les plus petits groupes. On parle bien d’une proposition officielle du fest, ce ne sont pas des concerts « off », pourtant c’est juste rangé dans une catégorie fourre-tout genre « Le FIL, c’est aussi… » et basta, démerdez-vous pour connaître la prog. A part pour le quai de la Bretagne, c’est la misère pour savoir ce qu’il se passait. Et je ne résiste pas au plaisir de vous copier-coller la description savoureuse de l’espace pavillon, entre flou non assumé et clichés énervants :

De 11H à 3H00 : à la découverte des Nations Celtes !

Le Festival Interceltique de Lorient offre son plus bel écrin aux joyaux des Pays Celtes. Les délégations se joignent au Quai de la Bretagne pour vous faire découvrir leurs attraits touristiques, culturels et gastronomiques. Au son du Uillean Pipe Irlandais et de la Gaita Galega, zyeutez sous les kilts écossais. Puis chantez des airs gallois et écoutez les légendes de Cornouailles en levant un verre de cidre asturien, pour enfin prendre le large sur l’Ile de Man. Nous vous invitons à parcourir le monde celte le long de la Place Interceltique, laissez vous porter !!

Enfin bref, tout ça pour dire que je n’ai pas pu retrouver tous les noms des groupes qu’on a vu au festival, mais je ne vais pas m’empêcher d’en parler pour autant, sabre de bois !

On avait bien aimé l’ambiance d’un concert de l’ïle de Man sur lequel on était tombés par hasard (impossible de savoir qui c’était par contre, cf remarque précédente), alors on est retournés pointer notre nez sur ce pavillon-ci un autre soir. Bien nous en a pris car Tom O’reilly & the Swaggers y jouaient et c’était très chouette. Voix rocailleuse et guitare pour Tom, contrebasse, violon et batterie/guitare pour les swaggers, pour un style à mi-chemin entre le folk, la folk et le rock. Ils ont mis une super ambiance et ça faisait du bien à voir. Un des rares concerts où l’on a vu le public se lâcher et danser de façon détendue (je ne vais pas me faire d’amis mais j’ai du mal à trouver les danses bretonnes très smooth).

J’attendais de voir Kiñkoñs parce qu’il y a deux gars de KBA 5 dedans, donc j’espérais voir un groupe qui fouille pas mal pour faire de la musique trad renouvelée. C’était de la musique de fest-noz donc bon bof, en fait pas trop.

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La fanfare Menace d’éclaircie faisait l’interplateau. Une fanfare rock, dont tous les membres revêtaient la panoplie cher au genre, tout droit héritée des Ramones, la coiffure en moins : perfecto, jean et converses. C’était très rafraîchissant, ça ne se prend pas la tête tout en jouant bien, surtout, c’est fun. Ils interagissent avec le public, ils gèrent très bien l’espace, non franchement c’est très chouette, la preuve, par certains aspects ça m’a rappelé mon groupe.

Un tour par le pavillon irlandais nous a permis de voir le trio composé de Nicola Hayes, Yuna Leon, Nicolas Quemener. On était contents de voir Nicola Hayes, qu’on avait beaucoup aimé au festival NoBorder pour son duo avec Hélène Brunet. A l’Interceltique c’était plus, disons, convenu (pour ne pas dire chiant). Bien sûr, ça joue bien, mais ça ne groove pas assez pour nous faire rester plus de trois chansons.

Chance pour lui, nous n’avons pas le nom du groupe dont je vais parler de suite. C’était au pavillon australien et c’était horrible. Tout ce contre quoi on essaye de se battre. Les chansons n’étaient pas inspirées, ça ne transpirait rien. Le bassiste avait un didjeridoo, mais il ne l’a utilisé que deux (petites) fois. Très décevant. Il y avait des danseuses et c’était nul, désolé pour elles, en plus leur costume étaient nazes de chez naze. On a évité le papier crépon, mais pas de loin. Mais le PIRE du concert, ça a été leur reprise d’ACDC, It’s a long way to the top joué mooooollement, sans rien de rock’n’roll et avec les danseuses qui faisaient des mouvements nuls à chier genre moulinés de air guitar mais de façon maauuuvaise. C’en été beau tellement c’était raté, je n’ai pas aimé du tout.

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Un joli dessin d’un groupe nul.

Tristesse par contre, on ne sait pas qui était cette bande de Galiciens survoltés qui jouaient et dansaient avec fougue sous leur pavillon. C’est dommage parce-que c’était vraiment chouette autant les danses que leur binious, leur percus, les passages de pandereita…

On avait très envie de voir des contes, qui avaient lieu à l’espace solidaire. On est allés à la séance dédiée aux choix particuliers des conteurs  (comprendre : sans thématique) juste des coups de cœur. Si j’en crois le programme, on a vu une conteuse de la compagnie Il était une fois, accompagné d’un gars qui jouait du violon et un peu de didjeridoo (et peut-être qu’il contait aussi, mais on n’est pas resté). N’y allons pas par quatre chemins, c’était naze. J’aime bien les contes, ce n’est pas le problème, mais là ça ne passait pas du tout. Difficile de savoir à quoi c’était dû. C’était peut-être la conteuse qui était très mauvaise. Ou alors le conte qui était nul. Pour ne froisser personne, on dira que c’est à cause du dispositif que l’émotion n’était pas transmise : alors qu’on a l’habitude d’écouter des contes en comité restreint, l’image d’épinal de la veillée au coin du feu en tête, là ça se passait sur une scène devant un peu trop de monde, ce qui fait que l’artiste devait parler dans un micro. Et ça, ça casse le délire t’vois.

On est aussi allés voir quelques expositions à la galerie du Faouëdic. Invitation des Australiens oblige, on a eu droit à « Les anciens maîtres : les grands peintres sur Ecorces d’Australie« , des sublimes planches d’écorces décorées des figures emblématiques de la mythologie aborigènes, style des gros crocos ou des kangourous, c’était carrément cool. Un poil moins intéressant, et pourtant le concept était passionnant, il y avait aussi « Yiwarra Kuju : une route« , des cartes aborigènes peintes et qui, pour nous crétins d’occidentaux, ne ressemblent pas du tout à des cartes. Le résultat était plutôt moyen. Dernière expo que l’on a vu mais pas des moindres : « Ghost Nets : des Filets Fantôme, un Art et des Hommes dans le Nord de l’Australie » (tellement de MaJuScUlEs). L’idée est de faire des œuvres d’art avec des déchets marins récupérés sur la côte australienne pour faire réagir sur la question de la pollution littorale (et pour faire des choses jolies à partir de trucs bien moches à la base). C’est malin et ça marche plutôt bien, on passe constamment de « Wah elle est trop bien fait la tortue en fil de pêche ! » à « Mon dieu, tellement d’animaux morts à cause de ses saloperies ». Et en plus il y avait un atelier pour confectionner ses propres œuvres à la fin, donc bien cool. Seul bémol, toutes les créations présentées étaient des photos d’oeuvres existantes, l’association n’ayant pas pu obtenir les originales. Cela dit, c’était bien quand même.

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L’Interceltique, c’est quand même pas mal « passer du bon temps avec les potes ».

Et sinon, un point sur le off de l’Interceltique. Là non plus je n’ai pas trop d’idée de ce que j’ai vu en terme de programmation faute d’informations claires, mais pour le coup c’est bien normal. Je m’arrêterai donc sur deux prestations : la première est celle d’un groupe qui, il me semble, s’appelle Wanted. Je dis « il me semble » parce-que c’était marqué au-dessus des musiciens, mais le nom est tellement générique que ce que j’ai pris pour un backdrop pourrait très bien n’être que la déco du bar. En tout cas, j’ai bien aimé ce groupe ; j’ai de la tendresse pour ces groupes moyens de rock, qui ne font que des reprises peu inspirées de classiques genre Status Quo ou Deep Purple. Je me délecte notamment des prises de paroles entre les morceaux, composées à 100% de blagues tombant à plat. Extrait : « On va vous jouer Brown Sugar, un morceau des Stones… Et je le dis parce-que j’aime bien préciser, c’est Stones sans Charden !!!! » Dadum tss. Enfin, Mask Ha Gazh a joué plusieurs soirs de la semaine à la taverne de Maître Kanter. On ne les a pas vu à Lorient mais le lundi suivant à Ploumoguer, donc je me permet d’en parler parce-que clairement c’était le meilleur concert de la semaine. Les gars sont survoltés et tiennent un show ultra-carré, à base de percu à sabot, de flûtes tradi et de démo de guitar hero. C’est très bien, en plus les gars sont sympas (au moins un sûr, on n’a pas parlé avec les autres).


Sur ce, rendez-vous l’hiver prochain pour l’article de Une épopée estivale#4.

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Bisous les lecteurs.