Hellfest, à chaud [UEE#4]

Cette série d’articles « À CHAUD » est écrite directement à la sortie des festivals. On va surtout causer des prestations des groupes et les articles de fond arriveront pour l’hiver 2017. Pour cette édition, je suis accompagné de ma dessinatrice, Rozenn Bothuon, qui croque les festivals sur place. Ni la pluie, ni le vent, ni les pogos ne l’arrêtent.


Hellfest 01

C’est toujours un plaisir de retrouver le Hellfest :)

Sacré nom d’une pipe, c’était, pour la sixième fois, le Hellfest et sa floppée de concerts. Et ces concerts justement, car c’est bien de ça que l’on parle, étaient-ils de qualité ? Oui bien sûr. Certains retours de cet article ne seront faits qu’en deux mots parce-que je ne sais pas trop quoi en dire de plus mais certaines personnes veulent sans doute un avis.

Premier vrai concert qu’on ait fait du festival, Stoned Jesus était super cool. Pour ceux qui connaissent les albums, on est en terrain connu, mais c’est joué avec le petit plus d’énergie qui fait bien plaisir à entendre.

Hellfest 02

Solefald

Je me rendais à Solefald en me disant qu’on allait voir de l’eurodance metal, mais je me suis fait tromper par une de leurs chansons (qu’ils ont joué, cela dit). En fait, c’est du metal très cool, un peu avant-gardiste je suppose. C’est chouette.

Earth c’était coooooool.

Hellfest 03

Jambinai

Jambinai j’étais un peu trop crevé pour vraiment m’en faire un avis, mais ça avait l’air de gérer carrément.

J’ai été déçu par Melvins, j’avais un super souvenir de leur passage en 2011, mais je n’ai pas du tout retrouvé la fureur psyché du groupe. Il manquait une batterie, je suppose… Pas un mauvais concert pour autant, mais en dessous de mes attentes.

Hellfest 05

Magma

Hellfest 06

Magma

Sûrement le nom sur l’affiche qui aura fait le plus hausser de sourcils, alors que depuis plusieurs années on croise au Hellfest beaucoup de gens avec leur t-shirt, Magma a donné un concert formidable. C’était la première fois que je les voyais, et je comprends mieux maintenant tout le culte autour du groupe : le style est difficilement définissable mais c’est puissant et surtout très prenant. Le long final du set était particulièrement impressionnant, et l’ovation qui a suivi encore plus.

On s’en fichait de Rammstein, mais on était quand même vite fait curieux de voir à quoi ça ressemble. Ben à pas grand chose, on a dû rester trois ou quatre chansons, le temps de s’ennuyer un peu, et on est allés se poser sous la Valley.

Si on s’est posés sous la Valley, au deuxième rang, c’était pour voir les immenses Sunn o))). Et c’était excellent, une fois de plus. Le concert laisse plus de place à Attila, qui a donné une partition de chant incroyable, presque irréelle, partant dans les aigus. On aurait dit à certains moments des gazouillis d’oiseaux. Ou peut-être de ptérodactyle malade, je ne sais pas, mais c’était très très très bien. Sinon c’était les sonorités drone lourdes habituelles, peut-être un peu plus fort ; cette fois j’ai eu un peu l’impression que j’allais étouffer, c’était chouette. 

Hellfest 04

Ce qui était cool ausi, c’était la statue hommage à Lemmy.

The Offspring c’était naze, mais marrant d’entendre les tubes, mais naze quand même. Très naze. Douloureux même.

Y’a deux groupes que j’ai trouvé qu’ils se ressemblaient un peu, Crobot et Death Alley. Tous les deux sont dans un style rétro 70s, mais là où Crobot se veut plus dans la démonstration technique (notamment les capacités vocales du chanteur) et dans le spectacle, Death Alley semble avoir une démarche plus sincère et posée. Les deux sont bons dans leur choix.

Hellfest 07

Cattle Decapitation

Cattle Decapitation je les attendais beaucoup. J’aime bien sur album, mais en live c’est moins fin. Ça reste plus subtil que du grind pur et dur, mais j’ai été un peu déçu de manquer une part des harmonies. C’était quand même très bon.

J’attendais pas mal Agoraphobic Nosebleed, avec tout le mystère qui entoure le groupe : il paraîtrait que c’est un groupe légendaire, que ce n’était que le 5e concert de leur carrière. Je ne sais pas si c’est vrai mais on est allés les voir par curiosité, après tout du cyber-grind ça devrait me plaire ! Un chanteur, une chanteuse, un guitariste, un bassiste, une boîte à rythme et ça roule. Pas bien loin. Ça crie beaucoup, ça ne semble pas très inspiré, on préfère se barrer, un poil déçus, après même pas trois chansons. Le reste du concert était peut-être mieux, qui sait.

Hellfest 08

Je ne dis quasi rien de la Warzone, pourtant on y a vu des trucs chouette, comme les Toy Dolls, Power Trip ou UK Subs.

Curiosité sur l’affiche tant les guitar heros se font rares au Hellfest – en solo tout du moins- Joe Satriani jouissait du créneau de l’apéro du samedi pour faire bader tous les aspirants guitaristes présents ce jour là. Je ne suis pas assez fan et amateur du style pour avoir écouté tout le concert, mais les trois dernières chansons (Always with me, Always with you, Satch Boogie et Surfing the Alien) sont bien évidemment ultra efficaces et groovy.

Cette édition 2016 était un doublé gagnant pour Greg Anderson qui a donné un concert tout aussi excellent avec Goatsnake. C’est marrant, parce-que moi je le découvrais dans cet ordre là, mais on aurait dit qu’on avait pris Sunn et qu’on l’avait transformé en chanson. Bien sûr, c’est l’inverse mais on s’en bat.

Hellfest 09

Goatsnake

Je suis content d’avoir ENFIN pu voir John Garcia. C’est quand même ouf d’avoir pu traverser tous ces concerts sans le croiser. Enfin je mens un peu, je l’avais sûrement un peu aperçu pendant Kyuss live ! Mais n’étant pas resté longtemps, ça ne compte sans doute pas. Bref, je l’ai vu avec Hermano, c’était super.

Autant cette année j’étais assez tranquille en terme de clash horaire entre les différents artistes que je voulais voir, autant le samedi soir c’était TERRIBLE. Très dur de choisir entre Napalm Death, que j’ai raté déjà 5 fois, Fu Manchu qui a l’air excellent (sacré meilleur concert du Hellfest 2016 par plusieurs personnes) et Twisted Sister pour leur tournée d’adieu. Et bien sûr j’ai fait le pire choix en allant mater Twisted Sister… Qu’on se comprenne bien, c’est naze, et tous les gens qui disent que c’est du bon hard-rock avec un front-man exquis ont du plâtre dans les yeux et les oreilles. Mais ça ne m’a pas empêché, par plaisir coupable, d’aller écouter pour la dernière fois en vrai ces horreurs que sont We’re not gonna take it et I wanna rock. Par contre, pour la fin du concert Phil Campbell (ex Motörhead, vu au Hawkeaster) s’est ramené et le groupe a repris Born to raise hell, qui a été non pas la meilleure chanson du set mais la seule écoutable. Bah je suis taquin, mais on aura l’occasion de revoir Napalm Death et Fu Manchu une prochaine fois !

Gutterdämmerund, sur le papier, c’était assez alléchant : un film noir & blanc, muet, avec des rock star comme Iggy Pop, Slash ou Josh Homme, un groupe qui joue la b.o. En live, une histoire qui sent le film catégorie série Z/midnight movies… Et la réalité alors ? Une belle grosse daube, rien à garder. Les rock stars, arguments de vente principal, ne sont là que pour le fan service du genre « Tiens, si on mettait Lemmy dans un tank qui tire un missile ? » sans qu’il n’y ait jamais vraiment d’intérêt. Les acteurs jouent plutôt mal, le groupe, au lieu de jouer une bande son originale qui appuie le film comme on pourrait l’imaginer, ne fait que reprendre de façon peu inspirée des standards allant de Led Zep à Nirvana – avec une mention aux morceaux de Black Sabbath et Slayer qu’on allait voir le lendemain dans toutes leur splendeur. Le pire restant l’histoire, mal foutue et vaguement incompréhensible : on saisit les grandes lignes, mais les détails sont obscurs et mal amenés. Je suppose que ça se veut arty et intelligent, genre « référence biblique métaphorique », tout ça, mais c’est tellement maladroit, lourd et premier degré que rien ne passe. De toute façon, aucun enjeu n’a vraiment été posé. Bref, fuyez Gutterdämmerund… ET PUTAIN, même le muet ils n’ont pas réussi à le tenir !

Vintage Trouble, la respiration soul du festival, celle qui ne manque pas spécialement mais qui fait quand même plaisir quand elle est là. Le groupe gère carrément et ça donne envie de les revoir dans un petit club (comme la plupart des groupes, en fait)

Hellfest 10

King Dude

King Dude on m’en avait dit du bien, en tant que one-man band dark-folk. Raté, c’est en quatuor électrique que le groupe s’est présenté, et c’était très sympa comme ça.

Unsane c’était carrément groovy, on a vu que les deux derniers morceaux et c’est bien dommage.

Je ne suis pas sûr que Kadavar ait donné un concert exceptionnel et très différent de d’habitude. Mais ce groupe est vraiment très cool, alors ça marche quand même et c’est top. Une valeur sure.

Le dimanche il y avait ces deux petits groupes que j’avais envie de voir mais qu’en fait je m’en fichais un peu aussi : Slayer et Megadeth. Finalement, Megadeth on a juste écouté de loin sans faire trop gaffe. Par contre Slayer j’ai été un peu plus attentif, et ça vaut bien sa réputation de groupe efficace. Ça joue vite, ça joue fort, ça fait le boulot. Les fans devaient être contents.

MGLA, une des plus grosses claques du festival. Je ne sais pas quoi en dire de plus, c’est d’une technique et d’une énergie remarquable, écoutez ce groupe, allez le voir en concert.

Hellfest 11

MGLA

Quelle idée stupide d’avoir laissé sa chance à Amon Amarth ! Depuis le temps qu’on m’en parle, je voulais voir le groupe en live même si ce n’est pas ma tasse de thé. La scéno semblait engageante, deux grandes têtes de dragon crachant de la fumée, mais dès que le groupe entre en scène c’est la douche froide : la batterie bouffe tout le son. A partir de là, difficile de se faire un avis. Les compos nous ont semblé nazes et sans finesses, mais c’est possible qu’on n’en entendait pas la moité… Mais bref, on s’est barrés pour voir la fin de Rival Sons, et là, là par contre c’était cool ! C’était la troisième fois que je les croisais et on aurait mieux fait d’assister au concert en entier. On a vu seulement les deux dernières chansons, mais assez pour ressentir la bonne humeur du public dans le pogo et l’énergie du groupe. Avec un goût de trop peu à la sortie.

Par contre, Jane’s Addiction, qu’est-ce que c’était naze. « L’erreur du Hellfest », comme l’ont dit mes collègues de Xipéhuz. Bon, là encore c’est un peu compliqué de se faire un avis vu que dès l’entrée en scène je suis resté bloqué sur les danseuses. Qu’on se comprenne, je n’ai rien contre les strip-teaseuses, les gens font bien ce qu’ils veulent, que ce soit en faire son boulot ou aller les voir. Mais là faut arrêter, c’était artistiquement beaucoup trop pauvre pour me faire croire que ça servait à autre chose que plaire au mâle en rut. Sauf que moi j’étais venu voir un concert t’sais. Et pourtant le groupe a commencé par Stop, un morceau que j’aime bien. Impossible de me concentrer dessus tellement j’avais l’impression de me faire prendre pour un con. On a bien essayé de rester de chansons de plus, mais à la quatrième on a jeté l’éponge : musicalement c’est plutôt insipide et en voyant revenir deux danseuses qui se sont mises à se frotter l’une contre l’autre on a décampé.

Cela dit, grâce à ça on a pu voir en entier le concert de Ghost. Et moi j’aime bien Ghost. Alors bien sûr c’est de la variét’ et on se croirait un peu à l’eurovision, mais je n’y peux rien, je trouve ça chouette. J’aime bien les chansons, j’aime bien Papa Emeritus, je le trouve rigolo. Ce qui m’a fait flippé, c’est de me rendre compte que je connaissais quasi tous les morceaux… Je ne pensais pas en être arrivé à ce point là. Et donc, c’était chouette, ça joue bien, c’est magistral, c’est cool. Il paraît que le show était un peu spécial, pour s’adapter au Hellfest, mais n’ayant pas vu de concert de la tournée en question, je n’ai pas pu comparer. Cela dit, je suppose que les 20 nonnes et la chorale d’enfants présentes sur scène ne sont pas là tous les soirs.

En plus de ça, Ghost a été une super première partie pour la dernière tête d’affiche de cette édition, qui était Black Sabbath, les seuls, les uniques, les vieux. Vieux, mais pas mauvais, mais assez vieux quand même pour que ce soit leur tournée d’adieu. A l’inverse de Twisted Sister, le groupe n’en a pas fait des caisses à ce propos, juste un sobre « The End » sur l’écran géant à la fin du concert. Propre, classe. Comme Twisted Sister, par contre, ça fait plaisir de se dire qu’on a la chance d’entendre une dernière fois les classiques du groupe avant que le rideau ne tombe définitivement. Le concert était en mode « best-of », on a eu droit à tout, et si les quatre musiciens font le taf nickel, ça a manqué un peu de spontanéité quand même. Ils jouaient leur morceaux, c’est déjà ça. Et le point Ozzy : vous pouvez très bien vous plaindre de lui, mais je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse vouloir le voir autrement que vieux et fou. J’aurais l’impression d’être arnaqué si c’en était autrement.

Difficile de se décider pour terminer le festival, donc on a picoré entre les trois groupes, en commençant par King Diamond. Celui-ci jouait son album Abigail, et si le décor était moins grandiloquent que la dernière fois, le show était bien craqué quand même. C’est King Diamond quoi, donc ça part dans les aigu puis les graves puis les aigus etc. Et c’est marrant, jusqu’à ce que ça devienne lassant. Donc on est allé jeter un œil à Deicide, décrit comme une légende du death. Je voulais juste y jeter une oreille, j’ai été pétrifié par la brutalité. On est restés une chanson de plus, puis une autre, pour être sûr qu’on entendait bien ce qu’on entendait. Un mur de brutalité. C’était très bien, mais on a quand même fini par aller voir ce que donnait Refused, dont on m’a dit beaucoup de bien depuis quelques temps. Ben c’est très bien en effet. On était épuisés, donc je n’en dirai pas beaucoup plus, mais ça nous a filé une balle d’énergie pour aller se poser au coin du feu et écouter de loin « Abigail » hurlé par King Diamond.

Pour la sixième fois, c’était bien.

Hellfest 12

Et puis on était entre rédacteurs de Samedi Soir Sans Internet, alors forcément c’était chouette !


Sur ce, rendez-vous l’hiver prochain pour l’article de Une épopée estivale#4.

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Bisous les lecteurs.